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Accoudée sur le rebord de sa fenêtre, elle est pensive. Elle doit se dire qu'il y a des jours comme ça, où rien ne va. Elle pense encore à toi pourtant. Malgré la douleur, malgré le chagrin c'est ton visage qu'elle contemple entre ses larmes. Elle savait que tout n'était pas simple, que la vie n'était pas belle, mais elle avait retrouvé l'espoir en croisant tes yeux. Elle ne saura probablement jamais si tu la regardais ou même ce que tu pensais d'elle. Mais je crois qu'elle n'en a rien à faire. Tu sais, elle ne croyait pas en l'avenir, elle ne croyait même pas en elle-même mais grâce à toi elle gardait le sourire. C'était difficile, tu sais, de toujours paraître heureuse et de rire. Elle avait fait ce choix pourtant. Elle s'était dit que peut être, par miracle, tu la verrais.
Il suffit de quelques mots pour achever quelqu'un. Quelques mots de trop. Ceux-là même qui venaient de toi. Mais qui peut t'en vouloir. Pas elle, après tout elle s'y attendait. Elle savait qu'elle n'avait pas d'espoir à avoir, que tu étais trop bien pour elle. Qui voudrait d'elle ? Personne de sensé, voilà ce qu'elle répondrait. Elle ne demandait pourtant pas un amour idyllique, une relation tachée, compliquée même lui aurait été. Pourvu que ce fut avec toi. Mais voilà, les rêves ne se réalisent pas. La vie est cruelle et les rêveurs masochistes, à trop avoir la tête dans les nuages on finit par ne plus retrouver la terre ferme. Elle l'aura heurtée, bien trop violement. Il y a des choses irréparables, son orgueil, sa fierté, mais surtout le peu de sentiments qu'il lui restait.
Pourtant, rien qu'en fermant les yeux, elle pouvait sentir la chaleur de tes mains sur sa taille alors que le vent fouettait son visage. Elle pouvait sourire à la sensation de ta bouche embrassant son cou. Elle vivait d'illusions, tu sais celles qui sont si facilement brisables. Celles qui éclatent au moindre choc. Non elle n'était pas forte, elle n'était pas celle que tout le monde voyait. Elle cachait ses larmes, ses yeux trop cernés, ses envies de vomir en face de ce monde si écoeurant. Jamais elle n'avait demandé à t'aimer. Mais on ne choisit pas ces choses là, ça arrive c'est tout. Lorsque l'on s'en rend compte il est trop tard, les sentiments sont là. Pourtant elle a lutté, contre ta voix, contre tes gestes, contre tes yeux. Elle a perdu, elle s'est perdue je crois. Elle s'est noyée dans ses propres sentiments, enfermée dans sa bulle.
Tout ne vient pas à qui sait attendre. La vie n'est pas parfaite, tout juste belle à certains moments. Les gens espèrent trop, rêvent trop. Elle a heurté le sol trop fort, trop vite, trop souvent peut être. Mais elle te remercie d'avoir fait ça, de lui avoir ouvert les yeux, d'avoir percé ses illusions. Regarde donc entre ses larmes, derrière son maquillage qui a fini par couler. Tu y verras un sourire, celui qui n'est et ne sera jamais adressé qu'à toi. Ses larmes sont les plus belles qu'elle ait versées car elles sont pour toi. La pire des tortures lui semblera toujours douce administrée par tes soins. Puisque cette fois au moins, tu l'auras vue, tu l'auras remarquée.
Elle parmi tant d'autres.
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. (Lamartine)